Coûts colossaux et risques financiers
Les coûts liés à l'organisation des Jeux Olympiques sont énormes et souvent hors de contrôle. Les coûts liés à l'organisation de Paris 2024 s'élèvent à plus de huit milliards d'euros, soit le double des estimations initiales. Ces dépenses sont en grande partie financées par les droits de diffusion, les sponsors et les impôts payés par la population française. La question est de savoir qui profite réellement de ces investissements colossaux. Ce sont souvent les promoteurs immobiliers et les grandes entreprises, tandis que les habitants moyens ne voient que peu les retombées de ces dépenses. Les chercheurs Bent Flyvbjerg et Allison Stewart (Université d'Oxford) ont démontré en 2012 que depuis 1960, le coût des Jeux d'été est en moyenne 179 % plus élevé que le budget initial. Ce n'est pas nouveau, car lors des Jeux olympiques de Tokyo en 1964, le budget a été multiplié par 250 en seulement deux ans, passant de 40 millions de florins en 1962 à plus de 10 milliards en 1964.
Éviction des groupes vulnérables
Pendant les préparatifs des Jeux à Paris, 12 500 sans-abri ont été expulsés de la ville et transférés vers d'autres villes françaises. De gros rochers ont été placés à leurs anciens lieux de sommeil pour les empêcher de revenir. Ce type de mesures montre que les intérêts des citadins vulnérables sont subordonnés à l'événement. La même chose s'était déjà produite lors des Jeux de Séoul en 1988, où environ 720 000 personnes avaient été contraintes de déménager pour faire place aux infrastructures olympiques. Les groupes vulnérables sont donc subordonnés à l'organisation des Jeux. Qu'en aurait pensé le parrain de l'idée olympique, Pierre de Coubertin ?
Installations inutilisées
Les investissements dans les Jeux doivent également être des investissements dans la ville, mais cela ne s'est souvent pas avéré fructueux. Après les Jeux, de nombreuses villes se retrouvent avec des installations inutilisées et délabrées. Les exemples sont nombreux. Les Jeux de 2016 à Rio de Janeiro ont laissé la ville avec des complexes sportifs négligés et d'énormes problèmes financiers. Athènes (2004) est toujours confrontée aux conséquences des dépassements de coûts et d'une dette qui a contribué à la crise économique en Grèce. Montréal (1976) n'a pu rembourser qu'en 2006 l'énorme dette résultant des dépassements de coûts considérables. Si les villes avaient su cela à l'avance, cela en aurait-il valu la peine ?
Barcelone 1992
Il existe toutefois des exemples de villes qui ont tiré profit de l'organisation des Jeux Olympiques. Le cas le plus frappant est celui de Barcelone en 1992. Ces Jeux ont considérablement transformé la ville. Environ 17 % du budget a été consacré aux installations sportives. Les 83 % restants ont été investis dans l'amélioration urbaine, notamment dans les infrastructures, les espaces publics et les logements. Cela a entraîné une relance économique durable et amélioré la réputation internationale de Barcelone, grâce à de magnifiques images, par exemple de plongeons avec la Sagrada Familia conçue par Antoni Gaudi en arrière-plan. Après les Jeux olympiques de 1992, Barcelone est devenue une destination touristique de premier plan. Cela est certes dû en grande partie à la réussite de l'urbanisme, engagé depuis la mort du dictateur espagnol Franco en 1975. L'Association européenne des voyagistes (ETOA) a écrit en 2006 que cette évolution aurait très probablement eu lieu même sans les Jeux. Mais les Jeux olympiques de 1992 ont certainement contribué à accélérer les développements et la croissance du tourisme.
Solution
Les prochains Jeux Olympiques auront lieu à Los Angeles (2028), puis à Brisbane (2032). La question est de savoir quelles villes ont encore intérêt à organiser les Jeux. Dans les petits pays comme les Pays-Bas, cela n'est guère possible ni justifiable. Même pour des villes comme Rotterdam et Amsterdam, le risque est trop grand et les avantages ne compensent pas les inconvénients. Voulons-nous que les Jeux se déroulent dans des pays où les droits de l'homme font au moins l'objet de discussions ? Le risque existe que des situations similaires à celles de la FIFA se produisent et que seules des villes comme Doha (Qatar) ou Riyad (Arabie saoudite) manifestent leur intérêt, afin de redorer leur image sur le dos des athlètes. Ma solution consiste à organiser à nouveau les Jeux en Grèce à l'avenir. Un lieu fixe garantit des investissements responsables et peut limiter la pression sur la population, car les infrastructures sont conçues pour accueillir tous les quatre ans les athlètes et leur entourage. Cela évite les moments politiques délicats, parce qu'un dictateur veut se faire bien voir ou parce que les droits de l'homme sont violés dans un pays organisateur. C'est également mieux pour l'environnement, car les Jeux peuvent être organisés de manière beaucoup plus durable.
Conclusion
Pour de nombreuses raisons d'ordre sportif, politique et durable, il serait bon, à terme, d'organiser à nouveau les Jeux Olympiques dans le pays où tout a commencé, à savoir la Grèce. En bref : retour à Olympie !